Une petite robe de cotonnade bleue.
Usée.
Mais on la porte tout le temps, tellement on l’aime.
Tellement elle nous va bien.
Elle accompagne nos mouvements.
Elle a essuyé nos larmes.
Et tressauté sous les fou-rires. More on Une petite robe de cotonnade bleue.
Il était une fois une fillette appelée Saskia. N’ayant ni père, ni mère, elle vivait seule avec sa grand-mère et son chat, dans une petite maison bleue. C’était une petite fille gaie, qui souriait tout le temps. Chaque matin, elle buvait son chocolat au lait à la grande table de la cuisine, tandis que sa grand-mère lisait le journal. Le chat faisait sa toilette devant la cheminée où un bon feu crépitait. Puis elle coiffait ses cheveux en une longue natte et partait pour l’école. Chaque matin, elle marchait avec son petit sac et ses grosses chaussures. Le chemin était long et elle chantait. Mais lorsqu’elle abordait certaine ruelle calme, elle cessait immédiatement. Elle marchait alors le long d’une palissade verte. Des bruits étranges lui parvenaient tandis qu’elle la longeait : ça raclait, ça frottait, ça gémissait là derrière. More on Kakkerlak le cafard
Silence, petit matin tiède, les sept coups de la cloche traversent l’air immobile.
Je pense à cette autre église perchée sur la falaise de l’île ; là-bas aussi les sept coups marquent le nouveau jour. More on Instants d’août
J’aime cette piscine. Je suis assise au café qui domine le bassin. Il y a deux niveaux ; au niveau inférieur se trouve un bassin de 25 mètres où s’ébattent pour l’heure de jeunes chiens fous, une armée de teenagers en bermuda à fleurs ; ils font le concours du plongeon le plus éclaboussant. More on Mirandabad et les lapins
les nuages comme des boules de coton suspendues dans le ciel
l’eau lisse devant moi
une petite maison blanche sur le ponton flottant
moi assise sur un banc
je viens de partager une gourmandise avec un couple de canards pâturant dans l’herbe
c’étaient des gâteaux entourés de pâte d’amandes avec de la crème dedans… les canards avaient de la crème collée au bec, j’avais envie de les dessiner
le soleil me chauffe doucement la joue droite, il baisse, c’est la fin de sa journée
perles d’eau glissant sur les plumes, palmes flexibles, forme oblongue et parfaite, bec lisse et jaune, le canard est un petit bijou de création
…Tenez, voilà un petit bouquet de violettes… Fanny touchait sans le voir le bouquet minuscule, perlé d’eau, raide, vivant encore et fleurant la mare comme une bestiole des fossés…
Extrait de Colette (la seconde)
Il est 17h30, assise dans ma petite pièce ensoleillée, j’écoute l’oiseau. C’est la grive musicienne qui vient de lancer sa première trille. Elle chante là, dans les grands arbres qui poussent devant mon immeuble. Cela fait un mois environ qu’elle chante matin et soir.
Au début, je ne savais pas qui c’était. Elle a un chant si particulier, difficile à décrire ; on dirait qu’elle raconte des blagues ; non vraiment, je vous assure, c’est un vrai clown. D’ailleurs, lorsqu’elle chante, tout le monde se tait pour l’écouter. Elle ne chante jamais en même temps que le merle par exemple, qui a lui aussi les mêmes heures. Donc je l’ai repérée, j’ai cherché dans mon livre à quoi pouvait bien correspondre cet oiseau au plumage brun, tacheté, somme toute assez banal, un peu plus gros qu’un merle. Et j’ai touvé ! c’est une grive musicienne !
Je vous assure, c’est un rendez vous que je n’aime pas manquer, l’heure de l’oiseau.
Hier, c’était le jour de la reine. Les trottoirs étaient pleins de gens qui se sont levés très tôt afin de se réserver une place pour exposer leurs petites choses devenues inutiles pour eux-mêmes et qu’ils vendront à des gens levés très tôt aussi afin de dégotter la perle rare. Ainsi, ces menues choses passeront du statut d’inutile au statut d’indispensable. Si les choses pouvaient parler ! More on Queen’s day | Koninginnedag 2006
C’est un bel espace ; les tables sont toutes occupées par des pintades jacassant de tout et de rien, surtout de rien. Le personnel empressé et souriant, prépare le café et le thé. Sur une table trônent des pâtisseries qui attendent en tremblant d’être englouties par ladite volaille citée plus haut. Qu’est-ce-que je fais là ? More on Vous avez dit grossièreté ?

Le bleu de l’anémone
Le bleu de la mûre écrasée
Le bleu de l’hortensia
Le bleu du papier sur lequel Colette écrivait
Le bleu du roquefort
Le bleu turquoise de l’eau de la crique de Portz Ploutz
Le bleu outremer du ciel d’été juste avant le crépuscule
Le bleu de l’oeil du chat siamois
Le bleu de la pierre aigue-marine
Le bleu du bol à oreilles dans lequel je bois mon thé chaque matin
