Plume et coton

les nuages comme des boules de coton suspendues dans le ciel
l’eau lisse devant moi

une petite maison blanche sur le ponton flottant
moi assise sur un banc

je viens de partager une gourmandise avec un couple de canards pâturant dans l’herbe
c’étaient des gâteaux entourés de pâte d’amandes avec de la crème dedans… les canards avaient de la crème collée au bec, j’avais envie de les dessiner

le soleil me chauffe doucement la joue droite, il baisse, c’est la fin de sa journée

perles d’eau glissant sur les plumes, palmes flexibles, forme oblongue et parfaite, bec lisse et jaune, le canard est un petit bijou de création

Violettes

…Tenez, voilà un petit bouquet de violettes… Fanny touchait sans le voir le bouquet minuscule, perlé d’eau, raide, vivant encore et fleurant la mare comme une bestiole des fossés…
Extrait de Colette (la seconde)

L’heure de l’oiseau

Il est 17h30, assise dans ma petite pièce ensoleillée, j’écoute l’oiseau. C’est la grive musicienne qui vient de lancer sa première trille. Elle chante là, dans les grands arbres qui poussent devant mon immeuble. Cela fait un mois environ qu’elle chante matin et soir.

Au début, je ne savais pas qui c’était. Elle a un chant si particulier, difficile à décrire ; on dirait qu’elle raconte des blagues ; non vraiment, je vous assure, c’est un vrai clown. D’ailleurs, lorsqu’elle chante, tout le monde se tait pour l’écouter. Elle ne chante jamais en même temps que le merle par exemple, qui a lui aussi les mêmes heures. Donc je l’ai repérée, j’ai cherché dans mon livre à quoi pouvait bien correspondre cet oiseau au plumage brun, tacheté, somme toute assez banal, un peu plus gros qu’un merle. Et j’ai touvé ! c’est une grive musicienne !

Je vous assure, c’est un rendez vous que je n’aime pas manquer, l’heure de l’oiseau.

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