Lilas et le lézard doré - Extrait 2
… La mer se retirait lentement. Il n’y avait pas grand monde, comme d’habitude, quelques enfants criant dans l’eau, des familles agglutinées sur les serviettes éponge, en train de goûter. Sur le sentier des dunes, les cousines croisaient des touristes venus pour la journée, armés de leur appareils photos et d’un bâton de marche, ils faisaient le tour de l’île en s’extasiant. Ils avaient cet air un peu niais de gens jetés sur un territoire inconnu, toujours trop habillés.
Les enfants de l’île se reconnaissaient aisément à leur peau couleur pain d’épices, leurs cheveux en broussaille et à cet air un peu farouche de ceux qui vivent sans trop de contraintes, sur une terre mystérieuse et néanmoins accueillante. Lilas la blonde et Loulette la brune n’échappaient pas à la règle, arborant une peau bronzée, blanchie par le sel les jours de bain, les chevilles griffées par les ronces poussant sur la lande sauvage du milieu de l’île. Au terme d’une longue après-midi de jeux échevelés, elles aimaient se retrouver sur un des deux bancs du promontoire dominant le port, dégustant leur goûter en assistant au départ du bateau pour le continent.
Pour l’heure, elles atteignaient l’hôtel, petite maison blanche aux volets bleus de cobalt, avec sa terrasse baignée de soleil. Alors que Loulette s’apprêtait à entrer, Lilas s’écria :
- Je te rejoins ! je veux aller voir les chats !
Dans le jardin de la maison d’en face, s’étirait une douzaine de chats. Leur nombre variait selon l’heure. Lilas adorait les regarder. Elle s’accroupit un moment pour les observer ; quatre faisaient leur toilette, trois dormaient, et cinq la dévisageaient avec leur regard de chat énigmatique. Lorsqu’elle se releva, l’un d’entre eux, un rayé tout maigre lui fit un clin d’œil…

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