Une petite pause au Bolhoed (en plein centre d’Amsterdam)

Un petit restaurant avec une dizaine de tables … du bon jazz résonne dans cet endroit chaleureux où les citrouilles peintes sur les murs déroulent leurs feuilles et leurs tiges tentaculaires. Sur le sol carrelé se déploie une vaste fleur en mosaïque.

On me sert un chocolat onctueux et lacté comme je les aime. Le chat fou de la maison fait la sieste sur la dernière marche de l’escalier. C’est un gros chat roux et blanc, qui ne dédaigne pas, à ses heures, de péter les plombs et de courir ventre à terre dans tous les coins du restaurant, poursuivi par mille diables.

 

Un monsieur barbu vient d’entrer, il commande une soupe chaude en anglais. Il y a déjà un jeune homme, les yeux plongés dans un roman, et un couple qui discute tranquillement. Dehors, les maisons à pignons veillent sur le Prinsengracht, le canal du prince. Il fait très froid, je suis entrée dans cet endroit que je sais chaud et cosy pour réchauffer mes pieds gelés. C’est le printemps paraît-il … les passereaux veulent y croire, eux qui chantent matin et soir sous ma fenêtre.

En parlant d’oiseaux, voici Mr le Héron qui vient de se poser sur le toit de la péniche juste en face du Bolhoed. Je le reconnais, c’est son coin, c’est sa place ; j’ignore ses heures de visite, mais je le vois souvent lorsque le jour commence à fatiguer, vers 17 h. Immuable, hiératique, sentinelle patiente et solitaire … le vent glacial ébouriffe ses plumes ; de ses longues pattes, il ébauche quelques pas et me montre maintenant son profil acéré d’échassier. Son cou à géométrie variable se tend parfois ; il étend ses larges ailes et s’envole vers le canal… Le toit de la péniche semble bien vide maintenant.

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